Galois

samedi 17 mai 2008
par  Cyril Vandercolden

Évariste Galois est né le 25 octobre 1811 à Bourg-la-Reine Sa mère le nourrit au grec et au latin dans la pure tradition chrétienne et légitimiste propre à une famille de magistrats et de juristes. À douze ans, boursier au collège royal de Louis-le-Grand, mêlé aux révoltes des enfants de la bourgeoisie parisienne, il connut à la fois l’exaltation de sa génération et sa répression. À quinze ans, las des études littéraires, il découvrit les mathématiques, cours alors accessoire, et s’y jeta tout entier. « La fureur des mathématiques le domine », notait un surveillant. Lisant d’emblée les maîtres, Adrien Le Gendre, Louis de Lagrange, l’écolier prit le goût de la recherche et le dédain de l’exercice scolaire. Aspirant à entrer à l’École polytechnique, où professait Augustin Cauchy, mais où se perpétuait également l’idéal républicain d’un Monge, il se présenta seul et échoua une première fois. En 1828, entrant dans la classe de M. Richard, professeur que révérèrent Charles Hermite et Urbain Le Verrier, il se vit reconnu, et mis au courant des recherches les plus récentes. Il assimila alors les notions et méthodes introduites par Gauss et par Cauchy auquel il adressa dès 1829 ses premières communications sur la théorie des équations. Mais tout alors se referma. Définitivement refusé par Dinet à l’École polytechnique en 1829 sur une question mineure, qu’il négligea de traiter la jugeant sans intérêt, il entra, par l’intervention énergique de M. Richard, à l’École préparatoire (prête-nom de l’École normale supérieure), et y rédigea un premier mémoire pour le grand prix de mathématiques de l’Académie des sciences en 1830, lequel fut décerné à Jacobi et Abel (mort l’année précédente, également ignoré), tandis que les papiers de Galois étaient déclarés perdus. Un an plus tard, un second mémoire, rédigé sur le conseil de Poisson, fut rejeté comme incompréhensible. Ce qui prouva aux yeux de Galois l’incapacité des hommes et la désuétude des institutions. Dans le même temps, Il est expulsé de l’École préparatoire après la publication dans La Gazette des écoles d’une lettre publique où il dénonçait l’attitude du directeur Guignault pendant les trois journées de la révolution de Juillet. Il rejoignit alors les Amis du peuple, et entra dans l’insurrection comme il était entré dans la recherche pure, sans peur. Arrêté en avril 1831 pour avoir porté dans un banquet républicain un toast : « À Louis-Philippe », le couteau à la main. Emprisonné à Sainte-Pélagie, il y travailla « de tête » sur les intégrales des fonctions algébriques et sur une « théorie de l’ambiguïté dont rien ne subsiste. Le choléra décimant Paris en 1832, il fut transféré à la maison de santé du sieur Fautrier, où il retrouva quelque liberté, et de décevantes amours qui provoquèrent un duel forcé. Il se vit mourir « victime d’une infâme coquette et de deux de ses dupes ». L’« infâme coquette », Stéphanie Dumotel, était la fille d’un médecin attaché à cette maison de santé ; les « dupes » ont nourri les fantasmes policiers ou romantiques des interprètes, sans grande consistance. Rien n’interdit de croire Galois qui les désigne comme « patriotes », sachant par ailleurs que Stéphanie avait un frère mêlé aux républicains. Dans la nuit précédant le duel, Évariste Galois écrivit à Auguste Chevalier (frère du saint-simonien Michel Chevalier) une lettre testamentaire, où il lui confie comme à l’ami le plus sûr ses recherches rassemblées, ses papiers relus en hâte : deux mémoires, une préface, des essais, des brouillons : épaves du naufrage. Galois, retrouvé sur le bord de l’étang de la Glacière, le ventre traversé par une balle de plomb, mourut d’une péritonite au matin de l’Ascension, le 31 mai 1832


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